Utilisateur:Pcarnicelli
Un article de ChristianChampionEditions.
Pierre CARNICELLI "El matador de la tortilla"
- J'ai fait le chemin seul à Pied, en 2005, de Paris à Santiago par la voie de Tours, et retour.
- J'ai fait El Camino Francès en 2006 avec mes enfants Valentin (15ans), Pierre-Jean (12 ans) et Lou (10 ans)
Vous pouvez voir quelques photos sur Mon Blog : No Limit Coaching - Pierre Carnicelli
Impressions de voyage une initiation au chemin.
Aujourd’hui, l’automne vient de débuter, et le ciel est gris. Je suis dans mon bureau devant la fenêtre sous les toits dans ce petit village de St Prix, accroché à la pente qui monte vers la forêt de Montmorency, avec une vue sur la Défense en face de moi, avec ses tours qui se dressent fièrement et sans peur, vers le ciel, comme si le 11 septembre n’avait jamais eu lieu. Mais c’est vrai pourtant que le 11 septembre n’a pas eu lieu ici, mais loin de Paris que je vois sur ma gauche, avec son Sacré cœur et notre Dame, et la Tour Eiffel et la Tour comme elle s’appelle déjà, c’est infernal, cette mémoire qui déraille, hein ? Ah ça y est La tour et c’est infernal… Ca me rappelle un film… Oui ça y est ! La Tour Montparnasse… Qui me renvoie vers le boulevard St jacques et nous y voilà !
C’était l’année dernière seul de Paris à Santiago, c’est cette année de St jean Pied de Port à León, avec Valentin, Pierre-Jean et Lou… Et ce sera, l’année prochaine, encore, avec Pierre-Jean et Lou pour finir car Valentin à fini le chemin cette année !
A 15 ans c’est formidable pour lui, un jacquet de plus dans la famille.
Cette année… Mais non ! Commençons par le début…
Le chemin de St Jacques de Compostelle c’est quoi pour moi ? Et qu’est-ce que j’en ai tiré ? Comment ça m’a changé, si ça a changé quelque chose… Ou plutôt même comment je me suis changé durant ce voyage et à la suite de celui-ci…
Aujourd’hui, je peux commencer à faire le point sur ce voyage. Je devrais dire sur ces voyages car comme dans certains lieux, je peux parler ici de plusieurs voyages…
Un peu comme dans une initiation traditionnelle. Car ce voyage, c’est aussi une initiation.
Initier, c’est commencer.
Ce voyage n’est pas une fin en soi. C’est plutôt, le début d’un autre voyage. C’est le début d’une autre vie comme si ce voyage était un deuil, mais n’est-ce réellement qu’un deuil ?
Voici un résumé de ces 9 voyages du voyage vers le chemin de ma vie.
Premier voyage : Ma mission de vie
Le premier voyage à commencé le 2 novembre 2004, le jour de des morts. Il avait commencé bien avant mais, c’est une autre histoire. C’est une histoire de vie et de mort, de mariage et de naissance, et de morts, et de maladies… C’est réellement une autre histoire, pourtant c’est aussi mon histoire.
La mort d’Elise, la mort de Pierre-Simon et mon cancer, tout cela a contribué à mon voyage dans une autre partie de ma vie.
Et ce premier voyage, vers St jacques de Compostelle, a commencé avec une question fondamentale pour moi, qui avait eu un cancer 10 ans plus tôt.
Car depuis 10 ans, je vivais avec une épée de Damoclès sur la tête.
Est-ce que je vais mourir demain ? Les médecins, m’avaient annoncé 3 mois, comme un couperet ! Et depuis j’avais enlevé la montre, et je continuais pourtant à courir contre la montre.
Eh bien, non manifestement, je ne vais pas mourir demain, peut-être après-demain. Pourquoi pas, mais c’est cela qui change tout !
Alors c’est quoi cette question ? Où plutôt, c’était quoi ?
- Quelle couleur veux-tu donner à ta vie maintenant ?
- Et puis c’est quoi ta mission de vie ?
- Tu es sur terre pour quoi faire, Pierre ?
- Mes parents m’ont donné la vie et m’ont laissé le monde pour en faire quoi ?
- Et moi qui suis le gérant de la terre, que vais-je laisser à mes enfants ?
Ce premier voyage est une source de déchirures pour moi. Pour répondre à cette question, je dois commencer par … Arrêter de fumer ! Bizarre, non ? En janvier 2005, ça y est je sais vers où, je veux aller… Je sais que maintenant ma vie va être consacrée au don ! Aller vers les autres, les aider, les accompagner sur le chemin… Je suis formé au Coaching. J’ai des outils à ma disposition, et j’ai une famille. J’ai une femme qui n’est pas connectée aux mêmes valeurs que moi dans la vie, et bien que ses valeurs soient certainement aussi importantes que les miennes, à ses yeux, je ne supporte plus cette vie commune… Et nous élevons 9 enfants ensemble, alors que faire ? J’ai une vie qui m’étouffe, pourtant j’ai un travail où je gagne bien ma vie, mais… A quel prix ! Je ne sais pas encore comment je vais faire. Par quelles étapes je vais passer. Il est temps que je bâtisse un véritable projet de vie. Compostelle est encore loin, je commence mon deuxième voyage. Maintenant que j’ai rencontré ma mission de vie, je veux la vivre !
Deuxième voyage : Projet de vie
Le projet de vie c’est un projet sur 5 ans, dans tous mes domaines de vie. Il est important de ne pas confondre la mission de vie, qui colore notre vie et dure tout au long de celle-ci, et les projets de vie qui se succèdent les uns après les autres dans la continuité ou dans le désordre en fonction du travail de chacun.
Ce deuxième voyage commence comme le précédent par des questions :
- Où serais-je dans 5 ans ?
- Avec qui ?
- Que ferais-je ?
- Comment le ferais-je ?
- Pour quoi faire ?
- Et au-delà de moi qu’est-ce qui me relie au monde et aux autres ?
C’est quoi cette liaison, religion, du latin religare, qui veut dire, se relier. Se relier aux autres et à Dieu ? Je connais maintenant la finalité mais je ne connais pas encore les processus à mettre en œuvre… C’est un travail de réflexion et de maturation vers la séparation avec Christine. Vers une nouvelle vie, où la liberté ne sera pas l’abandon, et où la confiance sera une vraie confiance et non une fuite devant mes peurs. Laisser l’illusion pour atteindre la réalité de ma vie. - Quelles sont mes forces ? - Mes faiblesses ? - Où sont les opportunités de réalisation ? - Qu’est-ce qui me menace ? J’en parle avec Christine et c’est décidé, nous allons chacun de notre coté et à notre façon, trouver la suite, nous décidons donc de nous séparer pour un temps ou pour toute la vie. Nous ne savons pas encore comment nous allons le vivre et le faire ?. Je décide de prendre la route au-delà de ma boite crânienne je suis passé de la pensée, à la parole puis à l’action ! Le troisième voyage peut commencer et la longue marche vers St jacques de Compostelle se profile à l’horizon. Je pars en mai. 2005.
Troisième voyage : L’arrachement, le passé, le jugement…
Je commence à marcher, la route est longue et le sac est lourd, trop lourd mais je ne veux rien laisser derrière moi.
Rien de notable jusqu’à Tours puis… Je vois derrière moi s’éloigner Tours et je monte vers, Montbazon ou je vois s’élever des ballons dans le ciel, depuis le camping où l’on m’héberge gratuitement. Est-ce que je vais m’élever comme ces ballons ?
Non… Le sol me colle aux souliers… La marche devient difficile pour moi… Sainte Maures de Touraine passe vite sous la grisaille, le goût du fromage de chèvre est vite oublié… Et bientôt voilà la voie romaine, Poitiers, l’année 732, Charles Martel… Le passé vient rejoindre le présent.
Mais qu’est-ce que je fais là ! Je me suis tordu la cheville, et j’ai mal.
C’est une foulure. Je me bande la cheville, et je continue, je me suis aussi décollé un muscle sous le pied… Mais je ne le sais pas encore… J’ai mal… Si mal ! J’ai mal sous le pied. Mon corps se rappelle à moi en permanence.
Le cancer, les douleurs du passé sont présents à chaque instant… J’ai laissé ma femme et mes enfants… Je ne suis pas tranquille. Mais qu’est-ce que j’ai fais ? Tu es un imbécile ! Je me juge par le filtre des actions que j’ai faites ou non ! Suis-je aimable ? Puis-je m’aimer ?
Je me blesse encore sous le pied gauche.
Je sais que je dois m’aimer. Je sens que c’est indispensable pour continuer… Qu’est-ce que je veux vraiment ?
Et au matin, comme la chèvre de monsieur Seguin, je lâche… je décide de m’occuper de moi.
Je vais donc voir un médecin qui me fait une piqure sous le pied, des infiltrations…
Mais rien n’y fait, je dois m’arrêter pendant deux jours… Je ne peux plus marcher. Je me repose et je reste à me juger… Et à pleurer… Et à regretter tout ce que j’ai raté…
Comme j’avais décidé de m’aimer, je décide de regarder aussi ce que j’ai réussi… J’ai de beaux enfants, pleins de vie… Mais Pierre-Simon, lui n’a pas survécu. Suis-je responsable ?
Tiens je décide de revenir sur ce chemin avec eux… Je reviendrai avec eux… Ils le méritent eux aussi.
Et je ne veux plus abandonner. Je repars malgré la douleur, à l’aide de semelles en silicones… Que je garderai encore longtemps, puisque aujourd’hui deux ans après j’ai encore des semelles orthopédiques en souvenir de mon voyage.
J’arrive à Blaye ou je rencontre une pèlerine. C’est la première pèlerine, et un des premiers pèlerins que je rencontre sur mon chemin de St Jacques.
Comme moi elle souffre sur la route…. Elle c’est le genou et elle songe a abandonner. Elle a déjà abandonné l’an dernier.
Naturellement, je me tourne vers elle. Pour l’aider, j’oublie mon passé. Je me tourne vers le présent.
« Appuie toi sur moi et tu passeras les Pyrénées. J’ai de la force pour deux ! »
Est-ce vrai ? Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr, mais intuitivement je sens que c’est une possibilité que je peux sortir de ce troisième voyage, qui est un piège.
C’est le piège du déni ! Ne pas accepter sa condition. C’est le piège du jugement. J’aimerai être quelqu’un et je suis autre. J’aimerai, faire des choses et j’en fais d’autres… Puis-je m’accepter comme je suis ? Si je n’accepte pas la situation, je vais rester là ! Au bord du chemin.
Tout n’est pas rose, contrairement à ce que je souhaiterai. Les choses sont comme elles sont.
Si je n’accepte pas les choses comme elles sont, je ne peux pas les changer. Et il en est de même pour chacun de nous. Si je n’accepte pas ce que je suis, je ne pourrai rien changer en moi….
Ca y est je suis mûr pour le quatrième voyage, je peux franchir le fleuve symbolique qu’est la Garonne, je prends le bac pour aller vers… Lamarq et après Gradignan… Vers le prieuré de Cayac.
Le quatrième voyage : Ici et maintenant, le présent, le corporel
Le Gite de Cayac… Une pause, de 48 heures, rendue nécessaire par le genou de ma compagne de voyage.
Nous y rencontrons Michel, Sylvie, Yvon et bien d’autres dont je ne me rappelle plus les prénoms…
Je rencontre ici les miniatures racontant l’histoire du pendu dépendu et je comprends enfin, que sur la route… Dieu veille sur les miens… Pendant que je chemine, les miens ne risquent rien… Eux aussi ils peuvent cheminer
Massage, ostéopathe, et nous voilà reparti.
Je dis nous mais, je marche seul… Elle marche devant dans le sable des Landes Girondines. Nous allons vers le Barp, où je rencontre, Chaput, le dessinateur au bout d’une grande ligne droite sablonneuse où j’ai souffert comme jamais… Elle marche vite, malgré son genou et j’ai du mal à la suivre…
Je me traine sur la route, où je croise des machines agricole… puis C’est Belin-Beliet… Et enfin le gite de Mons avec son église du 11eme siècle sa fontaine miraculeuse, et la tombe des compagnons de Roland…
Je remarque que ma compagne malgré son âge est très belle… Tiens je suis réellement maintenant connecté à ici et maintenant… Plus de faux semblant, je décide de m’alléger…
Je laisse mon duvet, mes pulls over ma toile de tente…
Ca y est, je me libère l’esprit du poids du passé !
J’ai accepté ce qui est… L’âge importe peu, ce qui compte là bas, c’est d’y être et de marcher vers qui je suis vraiment, pour aller vers ce que je veux devenir demain.
Le lendemain et les jours qui suivent, je marche vite plus vite encore… Puis je ralenti… Mon corps fonctionne maintenant correctement, mes jambes sont légères, je peux rencontrer le chemin… Nous arrivons a Saint Palais, chez les frères Franciscains et j’ai même droit à un massage des pieds par Anne, une hospitalière qui masse très bien !
Puis c’est Ostabat… et St Jean Pied de Port…
Là, devant la porte Saint Jacques nous tombons dans les bras l’un de l’autre, c’est magique d’y arriver ! Nous sommes dans l’ici et maintenant, la sensualité, le présent.
Je sais que cette parenthèse, dans ma vie et la sienne finira avec le chemin… D’ailleurs, je ne finirai pas le chemin avec elle, puisque nous nous séparerons en Galice à 100 KM de Santiago… Pour nous permettre de continuer la route seuls vers nos avenirs respectifs. Elle retournera vers chez elle, et moi je continuerai ma route encore longue vers aujourd’hui.
Je franchi les Pyrénées ! Encore une victoire sur moi ! Je me trompe pourtant sur le chemin et je prends la descente difficile vers Roncevales… Mais j’ai réussi ! J’ai gagné ! J’ai gagné le droit d ‘utiliser mon corps complètement ! J’ai perdu 15 kg depuis mon départ et je me sens bien… Je franchi Pamplona à travers les fêtes et les brumes du vin de Navarre… Je vole vers Santo Domingo de La Calzada… Avec son coq et sa poule… Estrella puis la fontaine à vin… Tout concours à aller vers San Juan de Ortega… Là un nouveau changement s’opère dans la crypte inondée devant le cercueil de pierre de San Juan de Ortega… Je commence à voir un futur qui me déplait et je rencontre pour la première fois en face de moi, ma plus grande peur… La peur qui m’a pilotée toutes ces dernières années. .. Cette peur qui est au fond de moi… Je vais voyager avec cette peur, maintenant, j’arrive à Burgos et je vais bientôt entrer dans la Meseta… C’est le voyage le cinquième voyage qui peut commencer.
Cinquième voyage : Les peurs, le futur, le mental.
Je pratique depuis des années une voie de recherche sur soi, un outil de travail vers la connaissance de soi. D’une certaine manière un outil de développement spirituel… Autant que l’on puisse développer sa spiritualité.
Cet outil c’est l’énnéagramme.
C’est un outil qui permet d’apprendre à se connaitre en découvrant ce que nous ne sommes pas.
L’idée est la suivante : découvre ce que tu n’es pas pour savoir ce que tu es.
Certains, parlent des 9 visages de l’âme, et d’autre des 9 peurs de base.
L’énnéagramme est utilisé souvent actuellement comme un outil de typologie, pour classer les gens. Je ne supporte pas cette idée de classification. Je crois que l’énnéagramme nous montre le squelette de notre caractère, pas notre personnalité. Comment je suis réellement est une véritable découverte plus loin qu’une recherche élémentaire de mon squelette.
Ce n’est pas parce que je suis d’un énnéatype 6 que je suis un 6 mais c’est parce que j’ai comme squelette le 6 que je vais utiliser une stratégie adaptée à mon squelette pour atteindre mon objectif.
En d’autre terme, ce n’est pas parce que je suis petit que je ne peux pas courir ! Par contre je serai plus adapté pour courir longtemps et loin, comme les Ethiopiens qui gagnent les courses de fond… Ce ne sont pas des sprinteurs… Leurs muscles sont différents, des muscles des noirs américains qui courent si vite, mais ils font tous de la course pourtant…
Quel type de coureur suis-je ?
C’est dans ce cinquième voyage que j’ai commencé réellement à pressentir ma peur de base…. Mais c’est dans le neuvième que j’ai découvert celle-ci…
Pendant ce voyage, je me suis connecté à mon avenir… à mes peurs ! Que vais-je devenir après ma séparation ? Je croyais avoir trouvé ma peur. Je croyais que c’était, la peur d’être seul, la peur de ne pas être aimé !
Je croyais réellement que cette peur me dominait pendant que je passais à Castrojeriz, puis à Hormillo del Camino… Puis de proche en proche… Avec les moustiques le long du Canal vers Boadilla et en allant vers Sahagun…
Puis en à Bercianos, ou nous avons partagé le repas tous ensemble, j’ai suivi le soleil dans sa course vers le couchant, vers l’ouest, vers l’occident.
Avant, j’étais tourné vers l’Orient pour y recevoir la lumière et la connaissance… Maintenant je suis tourné vers l’Occident pour transmettre à mon tour… Voilà la voie initiatique… C’est la transmission de la tradition dans toute sa splendeur.
Je cru que mon Ennéatype était le 8, celui du leader, avec sa peur d’être dépendant, moi le fort et l’homme libre. Puis le 2, celui de l’aidant, moi qui croyait être tellement dégradé dans mon approche, avec cette peur de ne pas être aimer…
Puis Je suis arrivé à Mansilla de las Mulas, son albergue fleurie, et ses si belles statues.
Et là j’ai décidé de marcher dans les étoiles. A qui ça sert de faire le chemin de Saint Jacques de Compostelle, si je ne vois pas la voie lactée de nuit !
Je suis parti à 1H du matin pendant la nuit et là pour la première fois ! J’ai eu droit à un orage magnifique pendant que je franchissais le grand pont avant León. Et après la pluie, comme par magie les nuages sont partis et là… J’ai réellement marché dans les étoiles !
Elles étaient sur le sol, sous mes pieds et je suis arrivé à León… Et devant la cathédrale, devant la statue de cet homme et son fils, j’ai pensé à mes enfants. Et j’ai longuement pleuré. Je me suis longuement arrêté sur mes peurs, pour les dépasser..
Je reviendrai sur cette peur que j’ai pressentie à San Juan de Ortega… Je ne veux pas bruler les étapes.
Je me suis alors, à ce moment là connecté à la transmission, comme si c’était la suite de ce que j’avais vécu à Bercianos… Le début du Sixième voyage.
Sixième voyage : La spiritualité, la connexion au divin, le retour à l’unité.
Et de León à Villafranca del Brierzo, ou j’ai dormi dans l’Albergue de la famille Jato, je suis resté un peu groggy de ce que je pressentais.
Je suis passé à la Cruz de Ferro, comme une balle ! J’y ai posé mon caillou comme chacun mais… C’est plus loin que réellement je me suis allégé… C’est en passant à Foncebadon, dans cette ville abandonnée où les toits en tôle ne protègent plus rien… En ce lieu, où comme un survivant d’une guerre pas si lointaine, un fait sonner la cloche, pour nous avertir que nous sommes sur la toute vers St Jacques… Nous sommes pèlerins sur la bonne route. Mais moi, suis-je sur la route qui mène à mon ciel ou vais-je vers un autre enfer. Je suis dans l’illusion, que je touche du doigt, maintenant,. Illusion de ce monde où souvent si souvent, j’ai confondu, ce que je suis avec mon objectif… En prenant modèle sur de faux modèles. J’ai aimé, parce que les autres me faisaient du bien et non seulement parce qu’ils sont ce qu’ils sont.
Demain, je vais monter vers le ciel, de manière physique mais aussi de manière symbolique.
Et j’ai marché jusqu’à Villafranca.
J’ai visité, les 3 églises et je suis resté longuement à regarder vers la montagne qui me barrait la route…. Demain, je vais vers atteindre le ciel !
Demain je saurai, où je vais ! Enfin !
Et le matin de bonne heure, j’ai pris la route vers mon destin. Je suis parti tôt avant que le soleil ne se lève. Je suis suis monté dans la montagne, d’abord lentement, puis après La Faba, la montée s’est faite plus dure.
Et j’entre dans un nuage alors que mes pieds pataugent dans la boue et la merde des animaux, qui ruissèle sur la route.
J’entends le crépitement des fils à haute tension.
Je monte encore et je suis dans un film… La belle et la bête… Va is croiser Jean Marais, au détour de ce mur ?
Non, je suis au parc Astérix ! Je suis O Cebreiro et je vois les touristes, qui sont là !
Je vais vers le gite et je fais la queue sous la pluie fine qui pénètre tout.
Je prends une douche et je m’allonge sur mon lit… C’est fini ! Je ne rencontrerai pas Dieu, ici ! Les hommes l’ont tué !
J’ai le moral dans les chaussures, je me croyais arrivé, et je m’aperçois que je reste dans l’illusion… Je décide à nouveau de marcher dans les étoiles, si les nuages me le permettent !
Et je marche de nuit, la nuit est calme, et le temps favorable… La longue descente vers Santiago à commencée… Avec ses montées et ses descentes… Je sais que je descends physiquement vers la mer, et pourtant je m’élève encore… et je marche dans la forêt. La forêt m’enveloppe, et le noir se fait presque absolu. La lampe frontale a du mal à franchir ce rideau de ténèbres. La peur revient sourde et insidieuse… Et enfin, je me laisse aller à ma peur ! Je la vois ! Je l’accepte !
Peut-être pour la première fois de ma vie, j’accepte ce fait !
Moi aussi, j’ai peur ! Et maintenant je connais mieux cette peur ! La peur de manquer, de m’ennuyer, et d’avoir peur !
La voilà la peur de base de mon Énnéatype, le 7… Cela à guidé mes pas pendant tant d’année, sans que j’en sois conscient ! Fuir la souffrance parce que je le vaux bien !
Et pour l’une des première fois de ma vie, je fais preuve de courage, enfin… Oui, j’ai peur d’être seul ! Oui, j’ai peur de ne pas être aimé… Et je peux enfin pleurer sur mes illusions… Qui n’en sont plus !
Tout à coup j’entends en Anglais quelqu’un qui m’appelle : « Help ! »
Quelqu’un qui a peur dans le noir de la forêt…. Je m’approche et je rencontre une fille, qui ne peut plus marcher… Foulure ? Toujours est-il que sa cheville est gonflée… Elle marche en Tong depuis « Le puy en Velay »… Et ne veut plus aller plus loin.
Je lui demande : « What would you prefer to do ? »
Elle me répond: « J’aimerai aller à Santiago, mais je ne pourrais jamais »
Je lui demande :; « Veux-tu que je te porte ? »
Elle me sourit : « Oui »
Et je la porte pendant 1 heure avec son sac… Tout en discutant.
Au bout d’une heure nous sortons de la forêt…. Les étoiles nous observent.
Elle veut à nouveau marcher… je la reverrai à Santiago… Elle ira au bout !
Et, elle m’a dit son nom : « Viktoria »
Elle est ma victoire sur ma peur, enfin je vais pouvoir être courageux, et affronter la vie, sans me cacher dans mes illusions de puissance. Ce n’est pas en évitant les problèmes qu’on les on règle.
Je franchis Samos, puis… Doucement… Je vole vers Santiago…
Une dernière étape de 40 kilomètres m’amène jusqu’au Mont de la Joie, Le montjoie, el Monte de Gozo…
Là, je rencontre le retournement de mes valeurs.
Je vois parmi les signes en souvenir de Castrojeriz, de cette étoile inversée, qui a maintenant 6 branches… Sous la forme d’un hexagone qui supporte un signe bizarre qui tend vers l’infini. Et qui ressemble maintenant au nombre 66, souvenir d’un pape qui est mort maintenant.
L’hexagone et le 66 alors je vois le nombre de la bête. L’apocalypse n’est pas loin…
Est-ce vraiment la fin de mes illusions.
Je vais pouvoir me laver de mes dernières épreuves pour me présenter à Santiago à 4 Heures du matin….
Pour le septième voyage.
Septième voyage : La mort du vieil homme
Seul… devant la cathédrale et je me mets à pleurer… Je ne me suis arrêté de pleurer que le jour où je suis reparti de Santiago… Pour renter chez moi… Car j’ai accepté enfin, la mort de mes illusions, la mort de cette couche qui me masquait la réalité de ce qui fait la beauté de l’âme humaine, Cette capacité à pouvoir surmonter ses peurs. Cette capacité à aimer !
Je peux redescendre réellement de la montagne où j’ai rencontré la partie divine qui est en moi, où j’ai rencontré pour la première fois derrière ma peur et mes illusions, ce qui fait ce que je suis. Mon essence, certains parlerons de Dieu… Ou de la partie divine en chacun de nous, celle qui est encore reliée à l’unité primordiale.
J’ai aimé me rencontrer… Pourrais-je retourner parmi les hommes ? Comment vais-je vivre ce huitième voyage. Vais-je rester comme Moïse avec les cornes de feu sur la tête et ne pas pouvoir franchir le Jourdain, et rester loin de ma terre promise ?
Huitième voyage : Le retour parmi les hommes
Ce voyage est très difficile… Retour à la maison dans la grisaille comme dans un rêve… Le retour est rapide, très rapide jusqu'à 120 Km en deux jours… C'est fou, je vole… Christine partie en vacances en me laissant seul pendant un mois. Ses enfants que j’ai élevé pendant 14 ans, maintenant me rejettent. Et même mes enfants ne me reconnaissent plus. Vais-je rester seul ? Je vais vers mes enfants. Je leur explique mon chemin… Et finalement, en décembre, la chose est décidée, nous vendons tout ! Je liquide ma société et je vais divorcer… Tout est planifié, divorce liquidation, recréation d’une activité. Et je peux retrouver progressivement mes enfants… Ce voyage est long et fastidieux… Au-delà de l’acceptation, maintenant je peux être courageux. J’ai devant moi un chantier important. Je décide de m’inscrire sur Meetic, pour rencontrer une compagne qui correspondra à mes aspirations… Maintenant, je sais où je veux aller vraiment. Je ne suis plus piloté par ma peur, mais par l’amour. Je veux construire, et ce n’est pas le plus facile. Le travail est devant moi !
Neuvième voyage : La résilience
J’ai rencontré Brigitte, nous avons marché sur le chemin.
J’ai créé une nouvelle société.
J’ai retrouvé mes enfants, et nous avons pris le chemin ensemble.
Cette fois, je n’ai pas fait le Camino pour me rencontrer mais pour les rencontrer.
J’ai réellement fait le retournement. Avant je regardais, vers l’orient pour recevoir….
Aujourd’hui, je suis tourné vers l’occident pour transmettre.
Hier Valentin à terminé le Camino, dans la continuité de notre voyage.
Demain, Pierre-Jean et Lou, termineront le Camino…
Je serai réellement comme un arc… et eux la flèche !
"Vos enfants ne sont pas vos enfants ! " écrivait Khalil Chibran dans "Le prophète". Eh bien, maintenant, je peux réellement, au-delà des apparences du savoir, accéder à la connaissance de cette phrase.
Le voyage une initiation ?
En guise de conclusion, je vais regarder ce voyage à la lumière de l’initiation par les 4 éléments, et donner ici un léger aperçu de ma vision du monde sur l’initiation et le voyage :
1er voyage : la terre
Le voyage commence réellement à Tours, ce voyage de la terre, retour à mes sources, jugement du passé… La terre qui colle à mes chaussures…
2ème voyage : l’eau
Cela commence à Blaye et la traversée du grand fleuve, le présent, la sensualité, la sexualité, le corps. Tout est ici et maintenant.
La rencontre avec nos parents qui sont en nous et dans nos enfants.
3ème voyage : l’air
Cela commence après Pamplona et ses éoliennes, la montée vers San Juan des Ortega, et l’arrivée à Burgos. Le vent qui fouette notre visage, progressivement le détachement des contingences matérielles.
4ème voyage : le feu
C’est typiquement la traversée de la Meseta, jusqu’à León, l’endroit ou le soleil brule chacun de mes pas, et où le feu est mon allier malgré sa terrible morsure.
Ensuite ???
Ensuite c’est le serment vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis du grand Architecte de l’Univers…
Ensuite c’est le retour parmi les hommes et transmettre ce qui a été reçu.
Et comme le voyage est la vie, et que la vie perdure cette conclusion ne sera pas une fin…


