Fondation David Parou Saint-Jacques
Un article de ChristianChampionEditions.
La Fondation
- La Fondation "David Parou Saint-Jacques" est une association de chercheurs qui se consacrent à l'étude des cultes et pèlerinages en Europe, en particulier les cultes à St Jacques et Compostelle
- portail Internet >> http://www.saint-jacques.info
- Sous l'appellation "Fondation Européenne Pour la Recherche sur les PELerinages" (FERPEL), elle édite :
- la première revue électronique consacrée à St Jacques, Compostelle et aux pèlerinages >> http://lodel.demo.inist.fr/saintjacquesinfo
- un carnet de recherches où sont présentés de façon ponctuelle des travaux en cours >> http://saintjacquesinfo.hypotheses.org
Historique de la "Recherche sur St Jacques et Compostelle"
La recherche contemporaine sur saint Jacques et Compostelle a ses racines au XIXe siècle. Elle a été le fait d'érudits de diverses spécialités et de nombreux ecclésiastiques. Le plus ancien texte du XIXe mentionnant Compostelle est celui de l'abbé Cirot de La Ville qui donne à l'abbaye de La Sauve Majeure un rôle prépondérant dans le pèlerinage sur la base d'une information historique véridique (le pèlerinage en Galice au XIe siècle (vers 1079) de chevaliers compagnons de saint Gérard) dont il extrapole les conséquences sans lien avec la réalité. A sa suite plusieurs érudits (l'abbé Pardiac, Adrien Lavergne, un propriétaire terrien juriste de formation) enjolivent l'histoire compostellane.
Le véritable coup d'envoi du renouveau des études est l'édition en 1882 par le Père Fita du dernier Livre du Codex Calixtinus, suivie en 1884 par la reconnaissance des reliques de l'apôtre à Compostelle (Lettre apostolique Deus Omnipotens du pape Léon XIII). Le dernier des abbés du XIXe qui publie sur Compostelle et l'abbé Daux. (Son ouvrage Sur les chemins de Compostelle a été réédité par la Fondation en 2003, éd. Atlantica-Séguier, ISBN : 2-84394-906-8).
Au début du XXe siècle, deux éminents universitaires français, Joseph Bédier pour la littérature et Emile Mâle pour l'Art apportent d'importantes contributions aux études relatives à Compostelle mais sont l'un et l'autre emportés par un enthousiasme excessif qu'aucun travail d'historien ne vient tempérer. Les études sont relancées en Espagne et en France dans les années 1930. Elles sont marquées par la traduction que fait Jeanne Vieillard de l'édition du Père Fita à laquelle elle donne, en 1938, le nom de Guide du pèlerin qui ne figure pas dans le manuscrit original. Cette traduction n'est accompagnée d'aucune étude critique et d'aucune étude historique. Ce titre fait la renommée de cet ouvrage, immédiatement considéré comme le "guide bleu" des pèlerins médiévaux.
Après la guerre un groupe d'intellectuels hispanisants se constitue en association en 1950, sous le nom de Société des Amis de saint Jacques. Ils sont plus soucieux de rétablir à travers le pèlerinage des liens entre nations chrétiennes séparées par les conflits que de faire progresser les connaissances. L'arrivée de René de La Coste Messelière dans cette association va progressivement en changer la physionomie. Ses responsabilités aux Archives nationales lui permettent de faire entreprendre un vaste recensement de tout le patrimoine relatif aux cultes à saint Jacques dont le point d'orgue est une grande exposition en 1965. C'est malheureusement à cette époque que sont officialisés deux postulats antérieurs : tous les cultes à saint Jacques et tout le patrimoine qu'ils nous ont légué étaient liés à Compostelle, les innombrables pèlerins médiévaux dont il existe des traces (en particulier dans les archives hospitalières) étaient tous des pèlerins de Compostelle. S'y greffe rapidement un troisième : ces pèlerins passaient par les chemins indiqués par le guide de Jeanne Vieillard. Personne n'a douté de la validité de ces postulats avant la fin des années 1990. La recherche sur saint Jacques et Compostelle en a été durablement marquée et peine à s'en remettre.
C'est Bernard Guenée, professeur à Paris I Panthéon Sorbonne qui, le premier, les a remis en cause à l'occasion de la thèse de Denise Péricard-Méa engagée dans la recherche jacquaire par René de La Coste Messelière et influencée par lui. Sous la direction de Bernard Guenée puis Claude Gauvard, Denise Péricard-Méa a été conduite à reconsidérer ces postulats et à voir les cultes à saint Jacques au Moyen Age sous un jour nouveau. Sa thèse, soutenue en 1996 et publiée aux PUF en 2000, a montré leur importance, reposant en particulier sur l'Epître de Jacques et le rôle attribué à saint Jacques au moment de la mort (Saint Louis mourant demanda " le sacrement de Monseigneur Saint-Jacques"). Elle a mis en évidence qu'il existait de nombreux pèlerinages locaux à saint Jacques où sa légende était connue grâce à la légende de Charlemagne, diffusée par le Pseudo-Turpin et les récits de miracles. La renommée de Compostelle grandit grâce à ces pèlerinages locaux. Sans nier l'importance du pèlerinage comme démarche de foi de ceux qui pouvaient s'y rendre, elle a montré le rôle politique joué par Compostelle pendant tout le Moyen Age. Contrairement aux idées reçues, elle a aussi mis en évidence l'importance de Compostelle après la Contre-Réforme. S'agissant des chemins, elle a montré qu'il n'y avait pas de chemins de pèlerinages et que les routes du Guide du pèlerin n'avaient pas eu l'importance qui leur était accordée.
C'est pour poursuivre ses travaux avec d'autres historiens, en les étendant jusqu'à l'époque contemporaine et à d'autres disciplines que l'histoire, que Denise Péricard-Méa a décidé en 2000 de mettre en place une structure de recherche indépendante, la Fondation David Parou Saint-Jacques, Fondation européenne pour la recherche sur les pèlerinages. La Fondation regroupe des chercheurs professionnels et amateurs et conseille les étudiants qui souhaitent travailler sur les cultes et pèlerinages. Elle met ses connaissances à disposition sur plusieurs sites Internet et édite régulièrement des ouvrages dont certains uniques sur le marché comme la traduction intégrale commentée du Codex Calixtinus. Elle a lancé avec les éditions Atlantica-Séguier une collection baptisée "Autour de Compostelle" où sont publiés les travaux de ses membres et de correspondants qui lui ont fait confiance.


