Albergue de peregrinos
Un article de ChristianChampionEditions.
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Qu'est-ce que c'est?
Parfois appelé "refuge" (refugio), c'est un lieu EXCLUSIVEMENT réservé aux pèlerins (avec Credencial !) qui vont y trouver le gîte pour une SEULE nuit (règle générale qui supporte quelques exceptions). Ces endroits sont le reflet de plusieurs types d'initiative : mairie (AYTO - ayuntamiento), paroisse (PARR - parroquía) ou congrégation religieuse, personne privée (le propriétaire = dueño est alors indiqué). En Galice - vous y entrez en arrivant au Cebreiro, c'est le gouvernement régional (Xunta de Galicia) qui prend en charge et subventionne le réseau des albergues de sa région (JUSQU'EN JUIN ...après ce sera PAYANT - on parle de 3 €). De nombreuses associations d'Amis du Chemin de Saint Jacques (Amigos del Camino de Santiago) espagnoles ou étrangères s'occupent de la gestion et de l'animation des albergues.
L'albergue peut être ouverte (abierto) toute l'année (todo el año – t/año) ou simplement durant une période de l'année, avec une personne chargée de l'accueil (hospitalero) à demeure ou non ; dans ce cas, vous devrez vous-même aller chercher la clé (llave) de l'albergue à l'adresse indiquée (la clé de l'albergue municipal à Hontanas vaut le coup d'oeil !). Certaines municipalités utilisent aussi les écoles (escuelas) ou des gymnases (polideportivo) pour gérer l'afflux massif de pèlerins en été (en verano). Enfin, lors des années saintes (Jacobeo), des bases sous tentes sont spécialement aménagées tout au long du Camino.
Combien ça coûte?
Votre participation financière sera variable, entre 4 et 6 € dans les albergues subventionnées, de l'ordre de 6 à 10 € dans les albergues privées (ils n'ont que ce revenu pour vous assurer le même service). Une exception à souligner est l'albergue des Padres Reparadores à Puente la Reina qui, sans subvention, ne fait payer que 5 € la nuit. Certaines ne fixent pas de prix (albergue San Antón, albergues Xunta de Galicia) et vous laissent libre de votre contribution ; c'est "donativo", c'est à dire que votre don leur permet de continuer à perpétuer la tradition séculaire d'accueil au pèlerin. Petit aparté : l'expression « donativo » est parfois suivie d'un prix dans certaines albergues. Cette pratique résulte peut-être de la « radinerie » des pèlerins passés avant vous (certaines nationalités ont une réputation tenace dans l'inconscient collectif espagnol ...) ; quoiqu 'il en soit il ne peut être question de donativo dans ce cas puisque l'on fixe une limite à votre générosité !
Comment ça marche?
Les horaires
L'albergue ouvre en général vers 13/14h ; cependant l'heure d'ouverture dépend essentiellement des personnes qui assurent l'accueil (acogida) : hospitalier (hospitalero), responsable (encargado) ou propriétaire (dueño), et qui consacrent habituellement la matinée à faire le nettoyage et à se reposer avant l'arrivée de la horde déferlante des pèlerins. Sur présentation de votre credencial (voir le chapitre « Ser Peregrino ») et le paiement de la nuitée, l'hospitalero vous attribue un lit ou vous en laisse le choix (s'il n'y a pas foule). Car la règle est : "premier arrivé, premier servi !", la réservation n'étant pratiquée que dans de rares albergues privées (on peut réserver = se puede reservar !). Durant les mois d'affluence sur le Camino, une "concurrence" entre pèlerins s'établit afin d'assurer la couche du soir ; à ceci s'ajoutent les cyclistes (bici), les pèlerins avec véhicule d'accompagnement (coche de apoyo) ou tout autre moyen de parcourir le Camino ! Il faut toutefois préciser qu'il existe une règle (généralement respectée) qui établit la priorité pour le pèlerin à pied (peregrino a pie) jusqu'à 19/20h. De plus, certaines albergues refusent les cyclistes (no bici) ou les voitures d'accompagnement (no coche de apoyo). Si vous décidez d'aller prendre votre repas du soir (cena) à l'extérieur, vérifiez bien l'heure de fermeture (cerrado) de l'albergue avant de partir (certains pèlerins n'ayant pas vu l'heure avancer ont ainsi dû passer la nuit dehors ou à l'hôtel !). De même le matin, un horaire de départ (salida) est généralement fixé afin d'assurer l'entretien des locaux. Dans certaines albergues, le pèlerin est réveillé pour le petit déjeuner (en musique à l'albergue Gaucelmo en Rabanal !), dans d'autres les pèlerins qui partent très tôt dans la nuit froide et profonde en font profiter ceux qui voudraient bien continuer à dormir plus longtemps. Attention aux dérives, car une heure minima de départ risque d'être imposée dans ces endroits et la porte fermée comme à l'hôtel ! Il est beaucoup plus simple de préparer ses affaires avant de se coucher et de boucler son sac en s'isolant hors du dortoir !
L'équipement de l'albergue
Le couchage est généralement constitué de lits superposés (literas) à 2 voire 3 étages (albergue Muñoz en Viana) ; en période de forte affluence, des matelas au sol (colchones) sont ajoutés. Rarement vous aurez un vrai lit (cama) dans une chambre (habitación), mais ça existe ! (albergue La Fuente en Azofra, Convento Santa Clara en Carrión de los Condes). Tous ces couchages (plazas) sont rassemblés dans un dortoir (dormitorio) qui peut être compartimenté en box (albergue en Sahagún) ou répartis en chambres (albergue en Ponferrada). Un dortoir est même spécialement réservé aux ronfleurs (roncador) à Trinidad del Arre et à Obanos. Enfin, si certaines albergues pratiquent la location de draps (sábanas), d'autres n'ont aucune couverture (no mantas) à vous proposer pour la nuit fraîche qui s'annonce et parfois n'ont tout simplement pas de chauffage (no calefacción).
Si vous avez un soir l'envie subite de mijoter votre plat préféré, arrêtez-vous dans une albergue ayant une cuisine (cocina). Toute la variété existe dans ce domaine : bien équipée (Hontanas, Riego de Ambrós), peu d' ustensile avec un réchaud (Sahagún) ; une vous fera payer l'usage de la cuisine, d'autres réservent son usage aux hospitaleros (Frómista). Enfin certaines n'en possèdent pas (no cocina) du fait de leur structure (albergue Ayuntamiento en Triacastela) ou bien parce que le responsable de l'albergue possède des actions dans l'hôtel-restaurant du coin ou encore qu'il propose des repas. Habituellement la salle à manger (comedor) fait partie de la cuisine, mais il peut arriver qu'elle soit séparée et serve aussi de lieu de repos-discussion entre pèlerins (sala de estar). Une dernière chose à noter dans vos tablettes : la tradition du repas du soir (cena) préparé par les hospitaleros et partagé entre pèlerins ; elle persiste à Grañon, Bercianos del Real Camino, Tosantos, Ruitelán entre autres.
Vous trouverez des douches chaudes dans toutes les albergues, à quelques exceptions près (albergue San Antón). Bien sûr, lors des périodes de forte fréquentation du Camino, le système d'eau chaude de l'albergue peut être mis à forte contribution ou présenter quelques défaillances ; les derniers pèlerins arrivés (últimos) devront se satisfaire de l'eau froide (agua fría). Quelques rares albergues n'ont qu'un confort rustique à vous proposer (robinet d'eau froide ou fontaine à l'extérieur), mais c'est le style de vie de l'hospitalero de l'endroit et vous vivrez un moment différent sur le Camino (Manjarín, Sanbol).
Le lavage du linge et surtout son séchage sont deux problèmes que le pèlerin vit (presque) au quotidien. La plupart des albergues sont équipées de machines à laver le linge (lavadora) à monnaie (en général 3 €), quelques-unes de sèche-linge (secadora) au même prix. Dans pratiquement toutes, vous avez un évier (lavadero), à l'intérieur ou à l'extérieur (fuera) pour laver le linge à la main (lavar a mano). Si le temps le permet, il ne vous restera plus qu'à étendre vos habits sur le fil prévu à cet effet (tendederos), parfois dans la cour intérieure de l'albergue (patio). Un petit conseil : emportez une corde et quelques pinces à linge (pinzas) ; ceci vous sera très utile pour faire sècher votre linge durant la pause-déjeuner !
L'hygiène et la propreté
On ne le répétera jamais assez : la propreté est un acte de civisme et surtout l’expression d’un savoir-vivre personnel. Certes l'hospitalero est chargé de l'entretien des lieux mais chacun est tenu de les respecter ... et de les laisser dans l'état où... (air bien connu !). N'oubliez pas que l'hospitalero est BENEVOLE et, bien qu'il se mette à votre service, il n'est en aucun cas votre serviteur, voire votre "larbin". Veillez aussi à faire respecter cette notion élémentaire sur le Camino, en particulier à la Cruz de Ferro, que certains n’hésitent pas à tranformer en dépotoir en y laissant leur détritus de toutes sortes.
La soirée en albergue
C'est le moment privilégié pour la rencontre avec les autres pèlerins, l'échange d'informations sur le Camino, la préparation de l'étape du lendemain, la rédaction de votre journal de bord ou tout simplement reposer et soigner vos pieds fatigués au coin de la cheminée (chimenea). N'oubliez pas cependant l'heure d'extinction des feux ! Les hospitaleros qui vous accueillent sont souvent d'anciens pèlerins ; ils auront à coeur de vous faire profiter de leur expérience du Camino. Vous aurez peut-être aussi l'occasion de vivre certaines coutumes locales comme la Queimada (albergue Ave Fenix en Villafranca del Bierzo), expérience mémorable dans ce lieu unique !


